RECIT DE LA VOLTE A VELOS EN SOUTIEN A LA ZAD

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VOLTE A VELOS EN SOUTIEN A LA ZAD, samedi 16 janvier 2015 à Dijon

Dès 13h30, vélos et piétons affluent place Darcy, véritable porte d’entrée du centre ville commercialisé. Comme de coutume ces derniers mois, les forces de l’ordre sont positionnées de sorte à nous dissuader de nous engager dans cette direction. Alors que nos rangs grossissent jusqu’à atteindre les 150-200 manifestants, musique et prises de parole se relaient. Le début du rassemblement est jovial, à peine perturbé par les tentatives d’intimidation ciblées du nouveau commissaire adjoint, habillé en treillis militaire (alors que son imperméable à grande collerette dans le genre inspecteur totalement démodé avait fait l’objet de moqueries lors du rassemblement de mercredi dernier). Du côté de la police toutefois, le dispositif reste léger : trois camions de CRS et quelques représentants de la BAC qui rôdent (le ronronnement de l’hélico et la haute stature du canon à haut ont été remisés).

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Le cortège s’ébranle tranquillement, d’abord au rythme piétons, et s’engage sur un boulevard ceinturant le centre ville. Les tramways sont bloqués durablement malgré le zèle du premier conducteur, visiblement déterminé à nous rouler dessus. On entend résonner des « Non aux expulsions ! Non à l’aéroport ! » alors que la manifestation s’achemine vers la place de la République. À ce moment là nous enfourchons les vélos pour une grande partie de jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre. Le cortège, interdit de centre ville, se dirige dangereusement vers la périphérie, ce qui ne rassure pas davantage la police qui s’agite frénétiquement dans les rues alentours. « Où est-ce que vous nous emmenez maintenant ? » tente un type de la BAC, mi-inquiet, mi-goguenard.

La file d’une centaine de vélos poursuit sa route vers l’est. Soudain, la voie nous est barrée alors que nous atteignons un des énormes carrefours qui précédent l’arrivée sur la rocade et les zones commerciales de Quétigny. Trois fourgons se mettent de travers, gyrophares allumés. Le chef de section jaillit tout feu tout flamme, son casque s’envole, s’écrase à terre, et roule presque jusque sous nos roues. Ne pouvant plus progresser nous décidons de faire des tours de rond-point : rituel magique ou lutte contre le froid ? La section cycliste de la police se positionne au centre du rond-point, nous leur tournons autour tels des indiens encerclant les cow-boys. L’enthousiasme nous gagne tandis que le spectacle devient de plus en plus comique. Les trajectoires des vélos s’accélèrent, deviennent aléatoires. La confusion règne pour notre plus grand plaisir. Les voitures commencent à s’accumuler aux quatre coins du carrefour obstrué. Les trois fourgons lèvent le camp, nous laissant progresser de 300 mètres supplémentaires dans la direction du périphérique.

Ils se positionnent de nouveau au rond-point suivant. Visiblement plus énervés et plus déterminés, les flics ont pourtant toujours l’air aussi désorganisés alors que nous arrivons à leur niveau. Une silhouette se détache de la foule, longue chevelure fluo, étendard en panache à l’arrière du vélo (« Lentillères Soutien ZAD »), elle s’élance sur la butte qui constitue le rond-point alors que le chef de section des CRS parvient simultanément à son sommet. Assaut solitaire, héroïque et désespéré repoussé d’un coup de bouclier. Le cycliste éjecté se rattrape in extremis dans un demi-tour aérien et se fond à nouveau dans la masse du cortège. La traînée de vélos se tasse puis s’immobilise. Un bouchon se forme encore qui bloque indirectement la rocade. Le nouveau commissaire essaye de justifier le port de son treillis en agressant l’un de nous : tentative grossière de baliser son territoire et de donner un ton nouveau à la répression des manifestations dijonnaises ? En tout cas, sa piètre répartie le condamne immédiatement à une humiliation publique.

Sans doute lassés de ce petit jeu, quoiqu’il soit un efficace moyen de lutter contre l’engourdissement, nous orientons notre route vers le sud. Sillonnant les grands boulevards des facultés nous finissons au Snack du Quartier Libre des Lentillères où nous attendent brioche maison, chocolat et vin chauds.

En fin d’après-midi le mot est lancé de se retrouver le 25 janvier à 19h dans ce même Snack-Friche, pour décider de la suite des actions en fonction du rendu du procès et des appels lancés depuis Notre-Dame-des-Landes.

(quelques membres de l’amicale Dijon-Notre Dame des Landes)

 

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CAP sur la COP !

Appel à convergence des luttes de l’est vers la COP21

Toutes les infos sur les différents convois ici

Et puis le samedi 21 ce sera la fête aux Lentillères pour le départ du convoi.
Voir le programme complet du convoi en fin de post.

A bientôt sur les routes !!

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Début décembre, les représentants de 196 États se réuniront à Paris durant la COP21 pour négocier les engagements de leurs pays en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et « d’adaptation » au changement climatique. Cette 21ème édition de la conférence climat intergouvernementale est souvent présentée comme l’énième « sommet de la dernière chance » pour « l’avenir de la planète ». Mais personne ne va gober qu’une clique d’encravatés gouvernementaux, de diplomates cyniques, de lobbystes véreux et d’ONG serviles réunis dans un aéroport d’affaire climatisé bouclé par 10 000 flics seront à même de produire autre chose que la perpétuation de la catastrophe capitaliste, même peinte en vert et parée des atours d’une gestion planétaire « responsable ».

Partout en France, des convois partent de nombreux lieux en lutte pour s’opposer à cette mascarade et affirmer leur manière de prendre au sérieux la question de l’écologie : en résistant concrètement à la destruction de territoires, des liens singuliers qui s’y tissent, des gestes communs qui s’y déploient. En ancrant joyeusement des formes de vie qui affirment une autonomie politique et matérielle irréductible au système marchand.

Le 22 novembre, une semaine avant le début de la farce, un convoi vélo/moteurs des luttes de l’Est partira depuis le Quartier Libre des Lentillères à Dijon. Il réunira des individus et des collectifs de l’est de la France qui luttent contre des projets symptomatiques de l’aménagement capitaliste du territoire : centre d’enfouissement de déchets nucléaires (à Bure), de Center Parks (à Poligny, à Châlons-sur-Saône et à Roybon), d’industrialisation des forêts (à Vauclaix dans le Morvan et à Tonnerre), projet d’éco-quartier aux Lentillères à Dijon…

Nous invitons toutes les personnes en lutte contre la colonisation marchande de nos existences, toutes les personnes qui ne croient pas à cette énième pitrerie internationale, toutes les personnes pour lesquelles il n’y a pas un problème abstrait de « changement climatique » mais des luttes à mener contre un système capitaliste destructeur, à se réunir le 22 novembre aux Lentillères pour converger vers Paris !

21 novembre : pré-étape de Bure au Quartier Libre des Lentillères (Dijon) – 200 km (motorisé)
Un appel à converger à la Maison de résistance à la poubelle nucléaire de Bure depuis le nord avant de poursuivre la route pour les Lentillères. A 13h rendez-vous à la Maison pour une auberge espagnole. Dans l’après-midi : visite du terrain gare de Luméville-en-Ornois, discussions autour du convoi de l’Est et de la lutte locale ! Départ en moteurs à Dijon, puis en soirée… on fait la fête aux Lentillères !

22 novembre : de Dijon à La Buissière s/Ouche (21) – 34 km (vélo)
Rendez-vous le midi pour un grand banquet puis pour le départ du convoi vélo depuis les Lentillères ! Dans l’après-midi, atelier de préparation du convoi moteur qui part le lendemain.

23 novembre :
-> Etape motorisée – De Dijon à Vauclaix (58) – 142 km
Départ du convoi motorisé! Soirée d’accueil par un collectif en lutte contre l’industrialisation des forêts, et qui a empêché la construction de la scierie-incinérateur Erscia en 2013 : discussions et projections autour des usages de la forêt.
-> Etape vélo – De La Buissière s/Ouche à Montbard (21) – 64 km

24 novembre : Rendez-vous à Tonnerre (89) depuis Vauclaix (90 km, motorisé) ou depuis Montbard (46 km, vélo)
Soirée d’accueil par des collectifs en lutte contre un projet de centrale biomasse accompagnée de serres industrielles !

25 novembre : de Tonnerre à Sens (89) – 72 km (vélo/moteurs)

26 novembre : de Sens à Montigny-Lencoup (77) – 52 km (vélo/moteurs)

27 novembre : Convergence des convois – de Montigny-Lencoup à Saclay (77) – 90 km (vélo/moteurs)
Rendez-vous sur le plateau de Saclay pour les joyeuses retrouvailles des convois de toute la France! Accueil par les collectifs en lutte contre le projet de technopole sur le plateau de Saclay et contre les projets liés à la métropole du Grand Paris !

28 novembre : Appel à convergence nationale – De Saclay à Paris pour le banquet final des convois – 20 km (vélo/moteurs)
Départ collectif de l’ensemble des convois de Saclay à 9h pour rejoindre une porte au sud de Paris à 11h. Nous appelons ensuite à une convergence nationale des territoires en lutte puis un grand banquet de résistance au coeur de la métropole, pour affirmer qu’à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, nous ne cèderons pas aux aménageurs et à leur monde ! L’appel définitif sera diffusé sur le site marchesurlacop.noblogs.org !

Modalités pratiques

Le convoi réunira des voitures/camions ainsi que des vélos : les étapes seront distinctes au départ et se rejoindront à Tonnerre le 24 au soir. Nous invitons les gentes désireux.ses de participer à être le plus autonome possible en terme de déplacement et de couchage : prévoyez vélo ou véhicule motorisé, affaires chaudes et imperméables, sacs de couchage, matelas de sol, et tentes. Nous tenterons d’assurer au maximum des lieux de couchage en dur pour les étapes. Une logistique de cantine autogérée sera également mise en place et une participation financière sera proposée en prix libre.

Infos et contacts

Merci d’envoyer un mail à marchesurlacop-est@riseup.net si vous souhaitez participer avec un véhicule avec des places disponibles. Le contenu du programme est toujours susceptible d’évoluer, n’hésitez pas à nous écrire si vous avez des questions, on essaiera d’y répondre autant qu’on pourra…
Retrouvez les informations, les affiches/tracts à imprimer, et les récits des convois de toute la France sur marchesurlacop@noblogs.org !

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Pour télécharger le tract : recto et verso

Nouvelles menaces d’expulsion aux Lentillères

Menaces d’expulsion avant la trêve hivernale.
Mobilisation lundi matin à partir de 06H00 rue Amiral Pierre.

Si vous souhaitez-être prévenu en cas d’intervention lundi matin, envoyez nous un numero de téléphone à l’adresse quartier-lentilleres@potager.org

De nouvelles menaces d’expulsion planent sur le quartier des lentillères. Selon des informations qui nous sont parvenues en cette fin de semaine, la préfecture préparerait une opération de police pour tenter d’expulser ce lundi matin, une ou des maisons occupées sur le quartier.
Bien que surpris par une telle nouvelle à l’entrée de l’hiver et alors même que le maire de la ville s’est engagé publiquement, il y a à peine un mois, à ne pas expulser avant le début des travaux, nous considérons que les risques d’expulsion sont sérieux. Nous nous mobiliserons donc en conséquence dès 06H00 ce lundi 26 octobre afin de pallier à toute tentative de passage en force.

Rappelons que la maison occupée il y a un mois par les migrants, n’est légalement pas expulsable, aucune procédure n’ayant été lancée devant les tribunaux.

Après l’interdiction de manifester dans le centre ville et le déploiement policier de la semaine dernière, la préfecture souhaite-t-elle réellement faire monter la tension d’un cran?

Depuis le quartier des lentillères, 24 octobre 2015.

Forte mobilisation malgré l’intimidation policière

Plus de 600 personnes ont manifesté, ce samedi 17 octobre pour, que vive le quartier des lentillères et que le projet d’éco-cité “jardin des maraichers” soit abandonné.

117-octUne foule bigarrée et festive a convergé depuis différents endroits de la ville pour se rendre au point de départ de la manifestation, place de la libération. Le rendez-vous avait été donné à 14h, mais dès le matin, de nombreuses compagnies de CRS bouclaient les abords de la place de la mairie, quadrillaient les rues du centre ville et pratiquaient des contrôles d’identité. Le dispositif était appuyé par des canons à eau ainsi qu’un hélicoptère de la police.

kata coolEsquivant les barrages policiers, une partie des manifestants à pied a réussi à se rassembler devant l’hôtel de ville. Les ordres étaient claires, point de tracteur ni de char ou véhicule boueux sur les dalles bien propres d’une place lissée mal nommée “de la libération”.
Parmi les passants, nombreux étaient ceux à ne pas comprendre cette démonstration de force disproportionnée. Le climat repressif avait clairement pour but d’intimider les personnes cherchant à venir exprimer leur soutien au quartier en lutte. Ainsi de nombreuses personnes solidaires n’ont pu rejoindre le rassemblement.

Dès les premières minutes des policiers à cran ont fait usage de leur gaz lacrymogènes et de leur matraque pour faire face à une foule de tous âges et de tous horizons dangereusement armée de confettis.
Le bouclage policier du centre ville et de l’accès au point de rassemblement constitue un durcissement de la repression et une atteinte au droit de manifester.

concertremorquieMalgré ce bouclage, les manifestants ont réussi à se maintenir place du théâtre. Un concert de rock’n’roll endiablé et l’ambiance festive mettaient en évidence l’absurde des moyens mis en oeuvre pour tenter d’étouffer la contestation au projet d’éco-quartier.

Le cortège s’est mis en marche en chansons et slogans pour déambuler dans les rues de la ville… Il a finalement rejoint le quartier des lentillères pour continuer à le faire vivre à travers la fête.

Nous restons détérminés à manifester dans les rues du centre ville !
Le projet d’éco-quartier n’aura pas lieu !
La lutte continue aux Lentillères et pour de nombreuses années encore !

Les vidéos foisonnent !!

Nous partageons deux nouvelles vidéos qui viennent, chacune à leur manière parler du quartier des lentillères et des récents évènements !

Chicane Channel nous fait parvenir une vidéo avec des réactions suite à l’occupation de la maison sur le quartier

VictoireauxLentillères from Chicane Channel on Vimeo.

Eh puis ce détournement de soutien postée sur squat.net.

Décidément les quartier des lentillères n’a pas fini de faire parler de lui !

[17 oct. 2015] Manifestation en soutien au quartier des Lentillères !

web-affiche-lentilleres-17octLES BULLDOZERS APPROCHENT MAIS LES LÉGUMES POUSSENT TOUJOURS…

Vous êtes des centaines à être déjà passés sur le quartier des Lentillères : un sécateur à la main pour un défrichage hors norme, le temps d’une soirée pour une danse endiablée ou des semences plein les poches pour cultiver un potager. Vous y avez fait un petit tour par curiosité ou êtes un-e ami-e de longue route…

Les travaux d’urbanisation commencent tout près d’ici, sur le quartier des abattoirs où la « phase 1 » est en cours et les tractopelles se rapprochent. Faisons ensemble entendre qu’on restera ! Mobilisons-nous le 17 octobre pour manifester contre les menaces de destruction du quartier des lentillères  et donc, exiger l’annulation de la « phase 2 », qui concerne ce quartier.

Au départ, en 2010, le « quartier des Lentillères » c’est une manifestation de 200 personnes qui s’achève sur l’occupation d’une friche abandonnée, et lui redonne sa vocation maraichère initiale avec un potager collectif. Aujourd’hui c’est un espace magique, un bout de campagne en pleine ville ouvert à tous et à toutes par le biais de ses fêtes, marché hebdomadaire à prix libre, vide grenier, verger, spectacles de théâtre, chasse aux trésors, chantiers participatifs, courses à vélos, karaoké intercontinental, loto… Au-delà de ça, près d’une centaine de personnes s’y côtoient et s’y organisent au quotidien sur une ferme maraichère, une cinquantaine de jardins individuels et un potager collectif, les maisons et fermes occupées, cabanes et caravanes installées. Tout cela autour de l’aspiration à vivre et faire la ville autrement que ce que les logiques urbanistiques et économiques actuelles aimeraient nous dicter. Les lentillères cultivent l’indépendance vis à vis du système agro-alimentaire, la vie au-delà des espaces marchands, le brassage et le lien social, les prises de décisions collectives, les échanges de savoir et de biens, l’auto-financement, la réappropriation des pratiques paysannes, le respect de l’environnement, la réoccupation et la restauration des maisons plutôt que leur abandon.

Les travaux ont commencé au printemps 2015 sur le quartier des abattoirs, une friche industrielle de 11 ha, voisine des Lentillères, concernées par le même projet d’urbanisation divisé en 2 phases. Alors que les machines se rapprochent, on se prépare à défendre ce dernier bout de terre maraîchère de 6 ha en plein Dijon ainsi que les habitats et les activités qui en font un quartier. Une première maison occupée, la Cyprine, espace féministe, est menacée d’expulsion dès le 3 septembre. Nous ne les laisserons pas faire !
Alors que la mairie a voté en 2010 un Eco-PLU (plan d’urbanisme qui se veut écologique), et que déjà 14 projets de quartiers sont en cours de construction ou achevés, nous demandons l’annulation de la 2ème phase de l’ « Eco-cité jardin des maraîchers » qui consistera à urbaniser la dernière partie de la ceinture maraichère de Dijon. L’éco-quartier, on le construit chaque jour, sans label, sans asphalte, et grâce aux multiples formes de participations des jardiniers, habitant-e-s et visiteur-e-s.
S’il faut loger les gens, comme le clament les élus de la ville, il faut aussi permettre à chacun de se nourrir plus localement, d’avoir un bout de jardin, un espace de liberté et de convivialité. Tout le monde n’a pas les moyens de partir au vert le week-end ni d’acheter du bio dans les commerces.

Les aménageurs nous expliquent qu’il faudrait densifier l’habitat pour préserver les terres agricoles, mais les zones commerciales, parkings et supermarchés s’étalent sans complexes : 185ha de bonnes terres vont encore être grignotées pour la nouvelle zone d’activités dijonnaise « Eco-parc ». Nous nous opposons au bétonnage à tout va et à la volonté de faire une ville toujours plus grande en aspirant les campagnes alentours, sans même laisser aux habitants entassés des espaces pour respirer autre chose que des plans d’architectes pensés sur le papier.

Sans une forte mobilisation, ce qui se vit et se construit ici risque de disparaître. Après le succès de la manifestation du 8 mars 2014 où nous étions plusieurs centaines dans les rues de Dijon, venez encore plus nombreux exprimer votre soutien au quartier des Lentillères pour une déambulation maraîchère suivie d’une grande fête.

TOUS ET TOUTES PLACE DE LA LIBÉRATION À 14H LE 17 OCTOBRE 2015

Si vous venez de loin :

Outre des petits déj prévus le samedi et dimanche, des repas seront prévus le vendredi soir ; le samedi midi et soir ; le dimanche midi et soir. Diverses solutions de logements seront prévus pour acceuillir les personnes venant de loin. Cependant, ayant des capacités forcément limitées d’accueuil, n’hésitez pas à apporter une tente, un espace de camping sera prévu pour les installer.

Télécharger le tract et l’affiche pour limprimer et nous aider à le diffuser :
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[22/09] Mise au point depuis le quartier des lentillères suite aux évènements du 21 septembre 2015.

Mise au point depuis le quartier des lentillères suite aux évènements du 21 septembre 2015.

Une horde d’individus incontrôlables ! Ah bon ?Suite aux déclarations de Thierry Coursin à France 3 Bourgogne et au Bien Public, il nous semble nécessaire de rétablir quelques contre vérités.
En effet, la version livrée par le directeur de la SPLAAD, absent lors des faits – rappelons-le, est quelque peu embarassante. Prompt à invoquer le fantasme de violents “anarcho-libertaires”, il fait ainsi l’impasse sur l’action des vigiles extrêmement agressifs, et ce, dès les premiers instants du rassemblement.
Hier matin les personnes les plus “déterminées à en découdre” étaient bel et bien les agents de sécurité. Alors que l’ambiance était bon enfant, ceux-ci ont aspergé de gaz lacrymogènes des manifestants, évaluant que l’agent ErDF, venu couper l’arrivée electrique, était menacé par des tirs… de pistolets à eau. Peut-être monsieur Coursin imagine que le cameraman de France 3, brûlé par les gaz à ce moment, était lui-même à la tête de la “bande de casseurs” qu’il dit avoir été présents sur les lieux.
Les vigiles, non satisfaits de ce premier dérapage, ont ensuite pris en chasse les jardiniers-ères et migrants rassemblés, distillant gaz, coups de matraque et insultes des plus subtiles à tout va. Ils sont ainsi intervenus sur l’espace public, en dehors de tout cadre légal (précisons que le port et l’usage de la matraque et des bombes lacrymogènes est interdite aux personnels de sécurité), agissant telle une milice privée pour le compte de la SPLAAD. En voulant faire régner leur loi, les vigiles ont oublié la taĉhe à laquelle ils étaient affectés : gardienner la maison. Ainsi abandonnée par ses biens mauvais gardiens, la maison a, de suite, été réoccupée par les manifestants désormais bien déterminés à l’habiter de nouveau.

L’habiter : mais pourquoi si elle tombe en ruines ?

Les déclarations de la SPLAAD sont d’autant plus embarassantes lorsqu’elle affirme que cette maison était vouée à la destruction car elle serait dans un “état d’insalubrité avancé”. Peut-être le luxe dans lequel vit “monsieur le directeur” de l’agence d’aménagement de la ville l’a-t-il éloigné de la réalité d’une grande majorité de la population. Cette maison bien que modeste par la taille est dans un excellent état. Une salle de bain rutilante, des parquets en bois, 3 pièces et une cuisine, un chauffage central, du double-vitrage aux fenêtres, une véranda charmante. Construite dans les années 1960, elle a été très bien entretenue. Le dernier locataire, rencontré à maintes reprises lors des semaines passées, nous a confié son grand regret de devoir déménager. Non, il ne part pas parce que les poutres tombent du plafond ou que les moississures ont envahis son espace vital. S’il a quitté les lieux, c’est bien forcé et contraint par la SPLAAD et les aménageurs qui semblent s’entêter à vouloir raser alors que le projet d’écoquartier ne se fera pas. Rappelons finalement que la maison était louée par la SPLAAD jusqu’à samedi dernier ; dans ce cas, à combien de ses citoyens la ville loue-t-elle de maisons insalubres ?

Une autre maison dans le quartier, située à quelques dizaines de mètres, risque d’être détruite. Sa locataire n’est pas partie, elle non plus, parce qu’elle le souhaitait : agée de plus de 80 ans, celle-ci y a vécu une grande partie de sa vie. Cette maison, en bon état, est gardiennée par la même entreprise de sécurité et sa brigade de choc.

Aujourd’hui, une dizaine de migrants occupe le logement réquisitionné ce lundi 21  septembre. La municipalité qui promettait la semaine dernière d’accueillir des personnes migrantes va-t-elle oser lancer une procédure d’expulsion à ceux qui ont aujourd’hui un toit ?

Jardinier-e-s et habitant-e-s du quartier des Lentillères souhaitons la bienvenue à nos nouveaux voisins et restons mobilisé-e-s à leurs côtés.

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[21/09] Communiqué suite à la réquisition d’une maison aux Lentillères

En ce premier jour d’automne, le soleil continue de briller sur les Lentillères!

Ce lundi 21 septembre un rassemblement était appelé par les habitant-e-s  du quartier Libre des lentillères pour tenter d’empécher la destruction de maisons vides. C’est sur  leur emplacement que doit s’implanter le projet “éco cité Jardin des maraichers”, contesté dans son ensemble, alors que le chantier ne devrait pas commencer avant 2018.

Ces maisons étaient gardées depuis 2 jours par une société de gardiennage privée (SIG) à la demande de la SPLAAD – entité publique chargée de l’aménagement du futur quartier. SIG avait pour mission d’empecher tout tentative d’occupation.

A 7h du matin, en ce froid automnal, un petit déjeuner convivial rassemblant des soutiens, habitant-e-s du quartier et migrants s’est tenu dans la rue Amiral Pierre, devant les maisons vouées à la destruction. Le groupe de soutien faisait face aux vigiles présents en nombre.

Lorsque l’entreprise EDF est intervenue dans l’une de ces maisons vide pour couper l’electricité, les personnes qui déjeunaient joyeusement ont empeché cette premiere étape de “dévitalisation”; face à la détermination et à l’ingéniosité des soutiens, le personnel d’EDF à en effet préferé stopper leur intervention.

Les vigiles qui gardaient la maison ont répondu brutalement avec des gaz lacrimogènes, insultes, coups de matraques. Rapidement, ils se sont complètement emportés et, à bout de nerfs, sont sortis de la maison et ont repoussé les gens plus loin dans la rue.

De nombreuses personnes ont été gazées et un journaliste de France 3 est parti à l’hopital des suites de leur intervention. Dans cette atmosphère incongrue et tendue, les gardiens revenchards ont provoqué des affrontements jusque dans la rue à côté, laissant la maison vide à nouveau libre.

C’est à ce moment-là que des personnes sont allées l’occuper, aux environs de 9h du matin. Depuis lors, un groupe de demandeurs d’asile a investi cette maison pour en faire leur habitation principale.

Alors qu’au même moment se tient une réunion importante à la Prefecture de Côte d’Or où, en vue de l’arrivée de l’hiver, tous les services concernés (115, mairie, service de la cohésion sociale, préfecture) tentent d’anticiper les aléas que représente pour eux ces populations sans logement, les personnes présentes ce matin restent déterminées à
continuer de trouver des maisons vides pour les personnes qui n’en ont pas.

Nous ne laisserons pas ces maisons aux machoires des urbanistes de tout poils! L’automne qui arrive sera chaud.

Les habitant-e-s et soutiens des lentillères.