La Cyprine résiste !

Après avoir fait le buzz la veille du concert de rentrée, s’être fait entendre au grand Dijon dans la matinée, les habitantes de la cyprine se sont invitées, avec deux banderoles hisséees au dessus de la foule, lors du concert d’Etienne Daho afin de le remercier de son soutien !

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cyp_leg2Quelques milliers de tracts ont également été distribués dans la soirée rappelant le soutien indéfectible au Quartier des Lentillères.

De retour dans le quartier, dès le lendemain matin de nombreuses mains se sont afférées à construire de nombeux dispositifs de défense inventifs.
Aujourd’hui la maison est barricadée, du portail, au perron en passant par le toit et les entrées.

cyp_leg1   cyp_leg4Qu’on se le dise le Quartier des Lentillères ne se résoudra pas à perdre une des maisons qui le font vivre. Ici tout le monde est prêt à résister !

Pour être tenu-e informé-e en cas de tentative d’expulsion et pouvoir venir prêter main forte, envoyez votre numéro de téléphone à l’adresse mail : lacyprine@riseup.net
Vous recevrez un sms en cas d’alerte.

 

 

Occupation du grand dijon en soutien à la Cyprine et au quartier des Lentillères.

Ce matin, à 1Oh, une soixantaine de personnes ont occupé l’intérieur des locaux du grand dijon avec sifflets, cotillons et confettis pour protester contre les menaces d’expulsion du squat féministe « la cyprine » dans le quartier des Lentillères. Des tracts ont été diffusés dans les bureaux des employés, des adjoints et du Maire. Au bout d’un moment, la police municipale a sorti les manifestant-e-s, occupé-e-s à chanter dans le hall, en les aspergeant de gaz lacrymogènes inondant du même coup les locaux.

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Avec le soutien des jardiniers, maraîcher-e-s et habitant-e-s du quartier des Lentillères, la Cyprine va continuer à s’organiser et agir pour répondre aux menaces d’expulsion. Au-delà, une grande manifestation de défense du quartier est appelée pour le 17 octobre.

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LA VIDEO DU COMMUNIQUE DE LA CYPRINE :

Communiqué de la Cyprine pendant le siège du Grand Dijon from Chicane Channel on Vimeo.

Etienne Daho annule son concert de rentrée à Dijon, en soutien à la Cyprine aux Lentillères

A diffuser autour de vous, à vos amis, sur les réseaux sociaux…etc

La Cyprine [1] est une maison occupée sur le quartier des Lentillères depuis octobre  2014. La maison et ses habitant-e-s est expulsable à partir du 3 septembre.

Dans une interview donné à Fox News, Etienne Daho annonce qu’il annule son concert à  Dijon le 28 aout, dans le cadre du concert de rentrée municipal. Il se dit « dégouté », et  « solidaire » de la Cyprine.
Voyez par vous même !

28/02 – Déambulation et plantation d’un verger aux Lentillères !

affiche-finale-28fevCinq années de lutte

Depuis cinq ans, nous occupons, cultivons, échangeons, fêtons sur les terres squattées  du quartier libre des Lentillères. Aujourd’hui ce sont plus de deux hectares de terres qui ont été remis en culture entre potager collectif autogéré, parcelles cultivées entre famille et ami.e.s et ferme collective permettant aux potagistes de se réapproprier une partie de leur alimentation. Le marché hebdomadaire à prix libre, est devenu un moment privilégié de rencontres au sein du quartier tout comme les fêtes et les chantiers collectifs [1]. En somme nous construisons là où ils veulent détruirent.

Paroles, paroles, paroles !

Lors des dernières municipales, l’actuelle majorité déclarait dans la presse prendre conscience de la situation particulière de ces terres et disait être prête à ne pas les bétonner. « Voilà, si il faut revoir le projet, on reverra le projet. » [2]. Etrangement, aucune décision claire d’abandon du projet d’écoquartier n’a encore été prise. Au contraire, la logique des politiques et urbanistes imposée d’en haut suit son cours en faisant abstraction de ce qu’il s’y vit et s’y crée. Au mois de décembre, nous avons vu débarquer un attirail d’encravattés accompagnant les derniers propriétaires dans le cadre de la procédure d’expropriation. Les pouvoirs publics continuent le rachat des terrains, alors qui y’a t-il derrières ces dernières déclarations d’intentions ?

Ceci n’est pas un écoverger !

De notre côté, on n’attend pas qu’ils reculent sur le projet pour construire nos vies et nos imaginaires sur le quartier et on ne partira pas de là.

Nous allons planter des arbres fruitiers car au delà de la dimension symbolique, créer ce verger résonne comme une installation qui dure. De la même manière que les initiatives potagères nous réaffirmons notre volonté de produire sans but marchand et pensons cette production comme une nouvelle possibilité d’échanger, d’apprendre et de lutter. Nous imaginons dès aujourd’hui, planter, tailler, greffer et faire pousser ensemble ce verger. Et, dans quelques années, goûter aux fruits des arbres « interdits », les transformer et inventer des moments festifs autour de ça.

Nous avons envie de planter une cinquantaine d’arbres, à différents endroits sur la friche, avec des espèces, des variétés et des pratiques arboricoles diverses. Ce verger s’inscrit dans la lutte du quartier des Lentillères et ne sera pas l’écoverger de leur écoquartier !

Tous et toutes à la plante-ta-manif !

Nous invitons donc à une manifestation dans le quartier, arbres et pioches en mains, le 28 février à 14h, place Wilson, pour fêter l’arrivée de ce nouveau verger. Venez avec vos greffons, boutures, arbres à fruits et une pêche d’enfer !

Aménageurs, décideurs, arrachez vous ! Aux Lentillères, la lutte s’enracine !

[1] Voir notre « lettre ouverte aux dijonnais et dijonnaises »
[2] F Rebsamen le 28 mars 2014 à Miroir mag

[10,11 et 12 oct.] Fête d’automne du quartier des Lentillères

10, 11 et 12 octobre 2014
Fête d’automne du quartier des Lentillères
Concerts, théatre, visites, atelier poterie…

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On vous invite à la fête d’automne du quartier des Lentillères.
Pour faire reculer un peu l’arrivée de l’hiver, danser et célébrer la
saison passée.
Pour boire un coup sur la nouvelle terrasse du snack friche, assister à
un spectacle dans l’amphithéâtre construit avec les ruines de la villa
ou voguer dans le quartier sur le bateau pirate.
Parce que l’occupation de la friche s’est encore densifiée cette année,
avec les nouveaux potager occupés et le parc public, avec les chantiers
collectifs et les rencontres chaque semaine au marché ou sur les chemins
partagés.
Parce que même si la Mairie a récemment détruit ici une maison vide qui
aurait pu être habitée, cela n’a pas été un mince affaire. Parce que
l’on s’organise pour continuer à cultiver, vivre, lutter…et rester. Et
cela, ça se fête !

PROGRAMME :

Vendredi 10 octobre
19h
Discussion sur la « grève de toutes » et les mouvements féministes à
Barcelone et apéro.

21h
Petit concerto pour clarinette et poireaux (sous réserve de confirmation)
Gruppe – bossacrustenovacore calcul mental – lille

Samedi  11 octobre
Toute l’après midi : atelier poterie pour petit-e-s et grand-e-s à
partir de 14h au Snack Friche

De 14h à 16h visites du quartier.

De 16h à 18h théâtre à l’amphi (ou à la grange si c’est la pluie)
-> Douche à oreille par LaronSe and cie – librisme poélitique et musique
burlesque
-> Le voyage de simon – théâtre nomade

19h
Point sur la situation du quartier des lentillères et diaporama à la grange

20h Couscous party sur la place du marché

Suivi de spectacles, concerts et danses à la grange :
-> L’Intruse – chansons franco-italiennes féministes – (Lille)
-> Jack the cop – chanson voyou – (Drôme)
-> Lovetarax  – electrofolies et bidouilles pop euphorisantes – (Grenoble)
-> Les Frères du jardin – chansons d’amour décalées – (Jura)
-> Raptou – slam poésie jazz libre (Paris-Limoges)
-> Marylin rambo – power noise rock étourdissant (Cévennes)
+ Boum

Dimanche 12 octobre

Toute l’après midi :
Atelier poterie pour petit-e-s et grand-e-s à partir de 14h au Snack Friche
Visites du quartier.
Tournoi de pétanques, balle au prisonnier et autres jeux rendez-vous au
parc public

16h – Amène ta tarte pour le goûter !

« Priorité au logement ! » : pour 500 000 euros, la mairie saccage une maison vide aux Lentillères.

« Priorité au logement ! » [1]: pour 500 000 euros, la mairie saccage une maison vide aux Lentillères.

En ce lundi matin du 1er septembre, nous nous sommes réuni-e-s à une bonne trentaine pour prendre le petit-déjeuner dès 7h30 devant la maison du 10 rue Amiral Pierre, dans le quartier libre des Lentillères.

Alerté-e-s par la présence d’un tractopelle devant la batisse depuis quelques jours, nous refusions de le voir venir détruire des murs qui pourraient regorger d’âmes et de vies. Vide depuis plusieurs mois après avoir été loué à l’équipe locale de Hockey sur Glace, la demeure appartient à la mairie et aucun projet n’y est prévu avant 2018. Elle avait été rachetée 5 ans auparavant pour 500 000 euros. Depuis le départ des sportifs, une société de sécurité privée venait régulièrement vérifier que personne ne venait s’installer là. Visiblement, cela n’était pas suffisant puisque l’entreprise Vigot fut commanditée pour détruire la maison.
Café, croissants, thé sont là pour accueillir les ouvriers ce lundi matin. Pris de court, ils sont d’abord agacés en constatant que les vitres de leur grosse machine avaient été précédément décorée de couleurs plus chatoyantes que celles d’origine. Qu’à cela ne tienne, ils démontent eux-mêmes une partie du matériel et commencent à faire bouger les grandes dents du tractopelle. Au bout de quelques secondes, diverses personnes montent sur le bras de l’engin, qui provoque une réaction bienheureuse à l’occupant de la cabine : s’arrêter, boire un café, discuter. Peut-être que le désir de briser des murs qui pourraient servir ne l’habite finalement pas tant que ça. Son collègue, par contre, part se défouler avec un pied de biche, histoire de démonter l’intérieur de la maison, à la main, à l’ancienne. Au même moment, un camion-benne déplacé pour emporter les gravats est stoppé par quelques poubelles en travers de la route un peu plus bas dans la rue.

Puis, c’est le bal des arrivées.
Tout d’abord, la patronne de l’entreprise se pointe, nous livre quelques banalités sur le fait qu’il faut bien travailler pour vivre et qu’elle exécute une commande. Elle ordonne à ses ouvriers de continuer la destruction de la maison tandis que des gens sont montés sur la pelle ; ceux-ci s’arrêtent, fort heureusement, pour ne pas risquer de blesser gravement quelqu’un.
Ensuite, un policier en civil armé de son talkie. Pour l’anecdote, moment d’inquiétude quand il s’aperçoit que ses larbins tentant de monter dans les appartements de l’immeuble voisin pour nous prendre en photo se sont faits mettre dehors par une dame du quartier. On voit aussi passer l’adjoint à la tranquillité publique de la mairie de Dijon, venu constater que le chantier était bel et bien bloqué.
Enfin, vers 11h30 l’armada policière en tenue anti-émeutes, gazeuses et matraques à la main. Quelques rapides échauffourés plus tard, nous nous retrouvons avec un blessé, la cheville enflée suite à un coup de matraque. Mais fort heureusement, la pelleteuse s’était arrêtée juste avant la charge après seulement quelques minutes de fonctionnement. Après inspection, le conducteur semble découvrir que le réservoir avait été saboté ! Les flics sont ensuite restés sur place pour garder tout ça. Ensuite, la machine remise en route après quelques réparations n’a laissé au soir qu’un maigre pan de mur.
Dans la presse locale, la Mairie justifie la destruction de la maison en avançant qu’il y aurait présence d’amiante… Excuse opportune puisqu’elle la louait depuis plusieurs années aux Hockeyeurs professionnels locaux. Ce matin les ouvriers de l’entreprise Vigot n’avaient de toute façon ni équipement adapté, ni consigne de destruction particulière. Par ailleurs la Mairie ne disposait même pas d’un permis de démolir.

Pour rappel, en 2010, la municipalité avait fait expulser les occupant-e-s d’une villa, puis démoli cette grande maison, qu’elle venait de racheter – elle aussi – pour 500 000 euros. Deux ans plus tard, elle venait creuser des trous béants pour empêcher l’installation d’une ferme maraîchère. Depuis, le Jardin des Maraîchers [2] et un parc de quartier, accueillant amphitéâtre, bâteau-pirate et terrain de pétanque ont remplacé ces saccages municipaux. En 2013, la mairie mettait 150 demandeur-se-s d’asile à la rue en expulsant un grand bâtiment rue Bertillon. Depuis, celles et ceux-ci ont réinvesti l’ancien pôle emploi situé rue René Coty.
La municipalité a montré ce matin une fois de plus qu’elle ne veut laisser aucune place à la vie de quartier – jardins, habitats, marchés et autres activités – qui se développe depuis plusieurs années sur les Lentillères. Au-delà et partout à Dijon, nous nous opposons aux politiques d’urbanisme en cours, ainsi qu’aux expulsions des précaires et maisons vides. Pour résoudre les problèmes de logement accessible à tous et toutes, nous rappelons qu’il y a plusieurs milliers de logements laissés vides dans l’agglomération dijonnaise. Cette idée a en tout cas traversé l’esprit de nombreux voisin-e-s rencontrés devant les ruines de la maison au cours de cette journée.

Des habitant-e-s et jardinier-e-s des Lentillères

[1] Alain Millot, dans une interview au Bien Public (01/09)
[2] http://jardinsdesmaraichers.potager.org

Chantier d’été aux Lentillères !

CHANTIER D’ÉTÉ DU QUARTIER DES LENTILLÈRES !
Volume 2 : « A l’abordage de la Villa ! « 

Du 10 au 20 juillet 2014 à Dijon.

affiche-chantier-2014-diff-webdessin3Rappel de l’épisode précédent :

Lors du premier chantier d’été, le quartier des lentillères avait vu fleurir, en plus des fleurs et des légumes, une nouvelle cabane aux abords du Potager Collectif. Le Snack Friche, comme les gens l’appellent, a accueilli de nombreux apéros, discussions ou réunions depuis, et fêtera donc ses un an lors de cette nouvelle session, du 10 au 20 Juillet 2014. Pour l’occasion, l’aménagement d’une terrasse et d’une cuisine lui donneront une petite touche finale !

A l’Abordage :

Pendant ce temps de l’autre côté du jardin, une équipe s’apprête à poser l’ancre à la Villa. Après avoir vécu l’expulsion et la destruction de la maison il y a quelques années, ainsi que le passage d’une pelleteuse ravageuse envoyée par la Mairie sur le terrain, tout un équipage de pirates s’est décidé à construire sur place son propre bateau. Mais cela ne se fera pas sans votre aide : petit-e-s et grand-e-s, sont tou-te-s convié-e-s à les rejoindre pour aider à la construction d’un vaste parc public. Aires de jeux pour enfants, terrain de pétanque, plantation d’arbres et fleurs mais également constructions farfelues sorties de vos imaginaires seront les bienvenues tout au long de la semaine. Dans le même temps, pierre par pierre, mur par mur, nous reconstruirons un amphithéâtre sur les ruines de la Villa.

Au fil du chantier :

C’est aussi une occasion de se rencontrer au cours des banquets, des travaux, des soirées concerts, projections ou devant une pièce de théâtre. Nos voisin-e-s de l’ancien Pôle Emploi occupé nous ont aussi invité à redécorer leur façade et à faire de nouveaux aménagements.

Dijonnais-e-s ou pas, constructeur-ice-s chevronné-e-s ou novices du marteau et de la perceuse : vous êtes les bienvenu-e-s pour cette grande aventure ! N’hésitez pas à nous informer de votre venue, ramenez votre tente, vos idées, vos savoir-faire, et votre numéro spécial pour le cabaret de clôture du chantier !

Rendez vous au quartier libre des lentillères du 39 au 45 rue Philippe Guignard à Dijon.

Infos / Contact : chantier.lentilleres****AT****potager.org
C’est chouette si vous prévénez de votre venue !

Sortie du « Génie du Lieu » n°3

couvLe Génie du lieu est un journal d’expression du quartier des lentillère, en lutte contre l’urbanisme local et le bétonnage du quarter de la rue Philippe Guignard à Dijon. Il est écrit a plusieurs par des occupant-e-s du quariter. Le numéro 3 est paru au cours de l’hiver 2014. Le Génie du Lieu est disponible en version papier sur place et dans divers bars à Dijon.  Vous pouvez aussi télécharger la version numerique : genie-lieu3-pour_lecture

 

Édito de ce troisième opus :

Hasard du calendrier ou pas, le 3ème opus de notre journal du quartier des Lentillères sort en pleine campagne pour la conquête de la ville de Dijon : pourtant, nous ne nous faisons pas d’illusions sur la volonté d’écoute des candidats des deux partis majoritaires à l’égard de ce qui se crée sur le quartier.  Le spectacle de catch qui nous est offert cache difficilement que, quoiqu’il arrive, ce sont bien les logiques de contrôle et de rentabilité qui gagnent à la fin. Cet état de fait ne nous empêchera pas d’agir : nous comptons bien profiter de cette période de rencontre obligée du petit peuple par les élites politiques pour perturber leur mécanique bien huilée.

A commencer par le candidat de la droite locale, qui fustige dans son document de campagne le « bétonnage de notre ville » et promet « un moratoire sur les constructions_». Ne nous leurrons pas, la droite dijonnaise est allergique à la mixité sociale et craint donc la réalisation de nouveaux quartiers comprenant des logements sociaux : peu de chances que ces gens là apprécient l’occupation illégale de la friche des Lentillères et les solidarités qui s’y créent, notamment en soutien des précaires ou des sans-papiers…

Quant au maire sortant, il ne vaut pas mieux : nous irons lui rappeler notre existence lors de réunions publiques, puisqu’il feint d’ignorer ce qui se passe sur le quartier, malgré notre demande de rencontre datant de septembre 2011, cosignée par 22 associations amies. Enfin, ignorer, pas vraiment : il a bien envoyé plusieurs fois des buldozers sur la friche pour détruire – en vain – notre dynamique. Peut-être rétorquera-t-il que le préfet a déclaré son projet de bétonnage écologique d’utilité publique. Il faut dire que l’enquête publique a été rondement orchestrée par un commissaire enquêteur aux ordres, abonné aux « avis favorables »  qui a su valeureusement ne tenir compte d’aucune des remarques apportées par les habitants du quartier ayant participé. Et ce n’est pas l’achat du domaine de la Cras (voir brève) qui suffira à compenser la destruction des terres fertiles sur lesquelles nous jardinons et vivons.

Vous trouverez dans ce nouveau numéro, entre autres brèves de comptoir, recettes et mots croisés, nos réflexions sur la futuriste mais néanmoins « réaliste » agriculture verticale, stade ultime de l’élimination des paysans, ou encore sur le délire de la prévention situationnelle, déjà bien implantée à Dijon. Nous y opposons ce qui se construit ici comme rapports de solidarité, réappropriation de savoirs manuels et échanges gratuits ou à prix libre : nous partageons donc les dernières nouvelles du – toujours plus populaire – marché  hebdomadaire des Lentillères, ainsi que les bons mots croustillants des nouveaux et nouvelles arrivant-e-s sur la friche. Et pour finir, une voisine reliera ce qui se passe dans sa rue à divers mouvements d’urbanisme populaire pas si lointains.

Bonne lecture, et rendez-vous au jardin ou dans la rue pour leur montrer, quoi qu’ils en disent, que le sort du quartier est loin d’être joué !

Le quartier des Lentillères répond aux annonces de M. Rebsamen

Cela fait déjà 4 ans que la friche du quartier des Lentillères est occupée. Jusqu’alors et malgré un  développement croissant du nombre de jardins et des activités, la Mairie a refusé tout échange et toute remise en cause de son projet d’éco-quartier de 21 ha comprenant les 6 ha de terres maraîchères occupées. Les actions et initiatives de communication se sont multipliées de notre côté pendant l’enquête publique et la campagne électorale. Le 8 mars, une manifestation de solidarité a rassemblé plus de 600 personnes dans une ambiance festive et déterminée. La Mairie semble aujourd’hui prête à tenir enfin compte de l’avis d’un nombre croissant de dijonnai-se-s attaché-e-s à ce qui se vit et se cultive aux Lentillères. A la veille du second tour, M. Rebsamen a en effet donné une interview à Radio campus et au Miroir Mag dans laquelle il annonce que les 6 ha de terres occupées et cultivées pourraient finalement être « préservés » [1].

Nous nous réjouissons que l’ex et futur maire de Dijon s’accorde enfin sur le fait que ces terres sont « bonnes », ce qu’il avait catégoriquement nié jusqu’alors. Il est vrai qu’en les cultivant depuis bientôt 4 ans le constat était simple à faire pour nous, de même que pour les ami-es maraîchers nous ayant précédé-es ! [2]

Le Maire avance cependant qu’il veut mettre fin au caractère « sauvage » de l’occupation et demande à ce que se constituent « des associations agréées, des jardins partagés et des associations de maraîchers qui gèrent cette terre ». Dans le même temps, il insinue que les terres ne seraient pas bien entretenues et que les jardinier-e-s présent-e-s sur la friche ne travailleraient pas suffisamment, ne proposant soit disant que de maigres cagettes avec « 6 tomates et 4 pommes de terre ». Nous ne le savions pas expert agronome, ni que lui ou ses conseillers étaient venus voir si le marché était bien achalandé ou si les récoltes étaient bonnes.

Qu’il se rassure cependant ! Association ou pas, le « quartier des Lentillères », c’est déjà des dizaines de jardins partagés en petits groupes, en famille, entre amis ou en grand collectif. Et de nouvelles personnes en quête d’espaces de jardinage arrivent chaque semaine. Depuis deux ans, le marché hebdomadaire offre les mois d’été de bons légumes accessibles à tous et toutes, en distribution directe et à prix libre. Les terres sont bien entretenues, et enrichies qui plus est, alors que la mairie avait choisi de les laisser en friche puis d’y creuser des trous béants pour empêcher qu’elles soient cultivées.

Au-delà des jardins, cette ancienne friche aujourd’hui connue à Dijon comme le « quartier libre des lentillères », c’est aussi des espaces de fête, de réunion, d’ auto-formation, d’accueil d’écoliers ou d’étudiants, d’apiculture, de menuiserie, d’arts, d’ateliers, de vie et d’habitat… ou simplement de bal(l)ades, C’est un melting pot social et culturel, catalyseur de rencontres et de liens entre des centaines de personnes du quartier, de Dijon ou d’ailleurs. C’est un espace collectif et non-marchand précieux au sein d’un univers urbain toujours plus aseptisé, sécurisé et rentable. Nous ferons en sorte que le quartier des Lentillères conserve cette singularité.

De ce fait, les individus et collectifs qui construisent le quartier et y cultivent n’entendent pas être remplacés par des maraîchers professionnels ou des structures « hors-sol » parachutées par la Mairie. Le fait que celle-ci semble envisager aujourd’hui de reformater son projet de quartier et de préserver les 6ha de friches maraîchères peut apparaître comme un bon signe pour tous/tes les amoureux-ses des lentillères. Mais il ne s’agit pas, dans le même temps, de la laisser gommer l’autonomie et la liberté singulière qui font la force de ce qui se construit ici depuis 4 ans. Nous allons donc continuer à renforcer l’existant, développer de nouveaux projets et assurer la pérénnité du « quartier libre des lentillères » avec toutes celles et ceux qui le souhaitent.

L’assemblée de quartier des Lentillères

Pour télécharger la version tract de ce texte : reponserebs

[1] Voir retranscription complète ici : https://jardindesmaraichers.potager.org/?p=582

[2] Voir la lettre ouverte de Jean-Pierre Koenig en réponse à Pierre Pribetich : http://jardindesmaraichers.potager.org/?p=587