Tous les lundi, c’est chantier collectif à la ferme à partir de 14h

À partir du mois de février, tous les lundi – et cela pendant toute la
saison à venir – c’est chantier collectif au Jardin des Maraîchers à
partir de 14h !

C’est un moment pendant lequel on sera prêt-e à acceuillir du monde. On
proposera divers chantiers : entre autres activités maraîchères, dans un
premier temps, il s’agira surtout de préparer le terrain pour la
réception de notre serre de production, puis de monter celle ci et de la
bâcher.

L’idée des chantiers c’est d’avancer sur les travaux aux jardins dans
une ambiance conviviale. Ils sont ouverts à toute personne désireuses de
filer la main : si il y a effectivement du travail physique, il s’agit
de partager le labeur. L’idée étant qu’à plein on peut avancer
efficacement sans se casser le dos : de ce point de vue, ils sont
ouverts à tou-te-s et on trouvera toujours des activités moins physiques
pour celles et ceux qui ne se le sentent pas.

Les chantiers du lundi, c’est l’occas’ de venir filer un coup de main et
de mieux se connaître, d’échanger sur la défense du quartier ou sur les
techniques potagères.

A bientôt !

Jeudi 12/09 : Rétrospective de la lutte et apéro au marché des Lentillères

apéro-WEB        Le jeudi 12 septembre, en plus du traditionnel marché des Lentillères, nous vous invitons à un apéro convival de 17h à 20h, pour partager du temps ensemble et se rencontrer. De notre coté, nous prévoirons le nécessaire pour trinquer (avec et sans alcool), de votre coté, n’hésitez pas à apporter quelques gateaux apéro, une tarte, ou tout autre met qui vous plaira !

Au cours de cet apéro, à 18h, nous vous proposerons une rétrospective faite de photos et de récits sur la dynamique du quartier des Lentillères, afin de partager l’aventure de plus de 3 années d’occupation potagère.

Le marché des Lentillères se situe au 45 rue Philippe Guignard à Dijon

Le marché des Lentillères reprend !

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Cela fait maintenant plus d’un an que nous occupons une ferme dans le quartier des Lentillères. Les bâtiments – maison, grange, caves, atelier… laissés à l’abandon depuis 10 ans – ont été rénovés ; les terres que la mairie avait saccagées pour empêcher notre installation ont été remise progressivement en culture. Nous avons rendu à cette ferme sa fonction productrice à grand renfort de chantiers collectifs et de solidarité. De mi juillet à mi décembre, un marché hebdomadaire a permis d’animer la vie du quartier et de partager à prix libre notre production légumière bio non labellisée.

Les plants ont longuement végétés au cours du printemps, se languissant des jours meilleurs, mais les premiers légumes sont presque prêts à être récoltés. Carottes, oignons frais, navets, bettes, fenouil, betteraves, salades et choux raves prendront place sur les premiers étales, en attendant les productions d’été.

Nous vous invitons au premier marché de la saison, qui aura lieu le samedi 29 juin place Salengro de 10h à 12h30. Dès le 6 juillet, nous reprendrons le rythme hebdomadaire :  rendez vous chaque jeudi pour le marché à la ferme, de 17h à 20h. Au menu : légumes, pain, aromatiques et sirops, à prix libre, afin que ceux-ci soient accessibles à toutes et à tous. Le prix libre, ca veut dire que c’est vous qui choisissez le prix que vous voulez payer, en fonction de votre envie et de vos possibilités, l’objectif économique étant de rembourser les frais engagés pour produire. Le marché c’est aussi l’occasion de se rencontrer, de visiter la ferme et de flâner sur la friche.

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Plan d’accès :

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Chantier d’été du quartier des lentillères du 28 juin au 8 juillet

CHANTIER D’ÉTÉ DU QUARTIER DES LENTILLÈRES – 28 JUIN AU 8 JUILLET

Cela fait 3 ans que les dernières terres maraîchères disponibles à Dijon, menacées par   un projet d’eco-quartier sont occupées. Les divers projets qui y ont été developpés  (potagers collectifs, maraîchage, marché hebdomadaire à prix libre, salle des fêtes, repas, jeux, échanges de savoir, habitations, soutien aux demandeurs d’asile, assemblée et journal de quartier…) et toutes les personnes impliquées dans cet espace ont conduit à la naissance d’une véritable vie de quartier, qui va bien au delà des objectifs fixés par les urbanistes en charge du projet d’écoquartier. Puisque selon eux la réussite de leur projet
pourrait se résumer à la possibilité de se réunir autour d’un barbecue.

Nous ne les avons pas attendu pour vivre ça et nous ne les attendrons pas pour façonner  le quartier, nous continuerons de le faire au grès de nos envies et besoins. C’est pourquoi on organise le premier chantier collectif d’été des Lentillères, du 28 juin au  7 juillet 2013 .

Au delà de la dimension travaux / bricolage, ce chantier sera avant tout l’occasion de se rencontrer, de découvrir le quartier, de s’y investir, de partager nos envies, besoins et savoirs ainsi que de délicieux repas et moments de fête.

Si tu n’as jamais osé passer nous voir, que tu veux vivre d’autres choses que ce que le nouveau centre ville aseptisé nous propose, si tu veux apprendre des tonnes de trucs et machins ou tout simplement partager des moments à la cool avec nous, n’hésites pas à venir te salir les mains.

Dans les lieux-dits : le Pot’col’le – chez Papy – la grange Rose – le Bougie Noire – le Jardin des maraîchers – Hotel réfugiés dit « Chicago » – Espace autogéré des Tanneries et les divers petits jardins à droite à gauche…

Au programme :

– construction de toilettes sèches pour assouvir nos
envies et besoins -plus de bancs, de tables, de jardinières… pour plus
de gens
– réparation de toit pour lutter contre les fuites
– décoration du quartier à coup de truelle, peinture, collage…  afin de porter un coup
fatal au « Code de l’Urbanisme »
– rangement et archivage de documents sur les luttes dijonnaises et plus encore
– construction d’une cabane « snack friche » -balade post-industrielle à la recherche de métaux précieux pour financer le chantier
– entretien des routes
– récolter, arroser, tailler, planter, désherber…la routine potagère quoi
– création au jour le jour d’un fanzine du chantier
– ciné en plein air
– cueillette, transformation, conservation
– célébration commune de nos élans collectifs dans la frénésie, la jouissance et le vertige – et bien sûr des jeux, ballades, lectures collectives …

Informations pratiques :

– Pour celles et ceux qui viennent de loin il y aura de l’espace pour planter une tente et quelques places en dortoir.
– Pense à ta lampe frontale, la nuit il fait nuit !
– Vous pouvez nous contacter si besoin et envie à l’adresse suivante :
chantier.lentilleres****AT***potager.org

– On aime bien les bandes d’enfants mais pas trop les meutes de chiens…

Pour nous retrouver ça se passe tout près du collège des lentillèrres, le long de la voie  ferré du côté de la rue Philippe Guignard à Dijon.

Occupation maraîchère contre les écobétonneurs !

Le journal CQFD (http://www.cqfd-journal.org) dans son n°106 de décembre 2012 a publié un article sur la friche des Lentillères. Initialement prévu en novembre, le texte a été publié en décembre, dans une version un peu plus courte que prévu. Le texte sous le scan du journal est la version avant qu’elle soit allégée pour coller au format de la rubrique « Ma cabane pas au canada ».

 

Occupation maraîchère contre les écobétonneurs !

A Dijon, depuis bientôt trois ans, de joyeux zigues s’ancrent sur une friche maraichère et luttent pour défendre cet espace voué à la rénovation urbaine. Balade au cœur du quartier des Lentillères, avec Gérard, paysan squatteur du cru.

C’est près de 28 hectares de friches, dont six de terres cultivables, qui doivent être réhabilités en un éco-quartier baptisé « Le Jardin des maraîchers », en référence à l’histoire maraîchères du quartier. Ce projet urbanistique « vert », au bon goût de béton et prévu pour 2015, a été conçu par Nicolas Michelin, architecte qui se targue de travailler en s’inspirant du « génie du lieu » qu’il définit comme « l’impression, l’air, l’atmosphère… [car] nous devons nous imprégner de ce qui existe, de l’histoire, des hommes avant de construire » (1). « Le génie du lieu, c’est plutôt nous qui le portons, en refaisant vivre le vestige de ce bout de quartier maraîcher, qu’on a baptisé le quartier des Lentillères ! », s’exclame une jardinière du quartier. « Nous », ce sont des voisins, des familles des HLM alentours, des squatteurs, des demandeurs d’asiles et des jardiniers de tous horizons qui se sont réappropriés cette friche.

Tout commence en mars 2010, quand 200 urbains et paysans avec ou sans terres déambulaient armés de fourches dans les rues de Dijon pour occuper une parcelle maraîchère en friche et lancer un potager collectif, le Pot’Col’Le, ouvert sur le quartier (2). Depuis, la dynamique d’occupation n’a cessé de croître : « Petit à petit, on a repris la friche ! s’enthousiasme Gérard. Aujourd’hui, quatre maisons sont squattées ainsi qu’une boucherie qui sert de refuge à des demandeurs d’asiles. Il y a le Pot’Col’Le qui côtoie une quizaine de petites parcelles cultivées par quelques individus, un rucher et une ferme maraichère qui propose des légumes à prix libre sur place toutes les semaines. Sans compter la salle polyvalente où se déroule réunions, projections, concerts et autre fêtes ! ».

Un urbanisme autogestionnaire

La friche ne manque pas de charme. A peine avoir quitté le boulevard à proximité, le décor se fait campagnard. Les jardins, maisons et autres granges sont dispersés au milieu de parcelles entourées de murets en pierre. Dans cet espace en attente de rénovation, l’urbanisme ne se décline pas en concepts, il se vit au quotidien. « On pense l’espace ensemble, et on concrétise nos envies lors de chantiers collectifs ». Ici, il n’est point question d’attractivité, de compétitivité, de planification ou encore de fonctionnalité de l’espace urbain. La vie est avant rythmée par la densité du social entre squatteurs, jardiniers et habitants du quartier. « A la base, on lutte pour que ces terres très fertiles soient bétonnées et défendre ce qu’on y construit. Mais ce qu’on porte sur la friche, c’est quelque chose qui va au delà de ces seules revendications. Sous leur discours de façade à hautes teneurs participatives et écologiques, les décideurs défendent une vision capitaliste de la ville, ou chaque mètre carré a une fonction qui doit permettre de tirer le maximum de profit. Pour nous, la production de la ville doit être le fait les habitants et non pas celui des technocrates ! » renchérit Gérard. Une vision critique de la ville traduite en actes sur laquelle Henry Lefebvre (3) ne cracherait pas.

La concertation à coups de bulldozers

« Comme le collectif qui a ouvert le Pot’Col’Le était assez éclectique, au départ on a joué la carte du dialogue, mais on était nombreux à ne pas y croire ». Il apparaît rapidement que l’émulation de la friche n’est pas du goût de la municipalité. « En fait, de dialogue avec la mairie, on s’est surtout retrouvé face à des bulldozers ». Une première fois pour détruire une maison tout juste expulsée en 2010, puis une seconde fois en mars 2012 : « On avait annoncé l’expansion des potagers. La mairie à alors envoyé un bulldozer faire plusieurs dizaines de trous énormes sur une parcelle voisine non cultivée, histoire d’empêcher toute réappropriation. Le dialogue ca fait longtemps qu’il n’est plus à l’ordre du jour. La lutte n’en est que plus excitante. De toutes façon, les dés sont pipés, c’est eux qui décident du cadre du dialogue. A nous d’être créatif pour créer un rapport de force favorable ».

En 2012, le vent tourne. « Si on s’est retrouvé pendant un temps avec la même bande de gens pour jardiner, l’anniversaire du Pot’Col’Le en mars a initié une dynamique d’ouverture de nombreux petits jardins, tenus par quelques personnes venues renforcer les rangs. Je crois que leur histoire de trous a jouée plus en notre faveur qu’en la leur. Ils ont du mal a justifié leur truc. Et puis on les a rebouché, ils ont été bien ridicule sur ce coup là ! ».

En effet, courant avril une petite bande de maraîchers sans terre se met en tête de reboucher les trous et ouvre une ferme maraîchère ironiquement nommée « Le Jardin des Maraîchers » (4). « On cultive avant tout pour nous et pour nos potes, explique Gérard. Mais on propose aussi nos légumes à prix libre sur place tous les jeudis. À chaque marché, il y a plus de monde ! Des voisins, mais aussi des familles modestes des quartiers, des étudiants, des précaires et autres galériens du foyer social d’à coté… C’est de loin d’un simple espace de vente : c’est avant tout des rencontres, une manière pour nous de faire connaitre ce qu’il se vit sur la friche. Ça a été pensé comme une stratégie pour s’ouvrir vers l’extérieur, chercher du soutien et des nouvelles énergies au delà de nos réseaux ». La lutte s’organise maintenant en assemblées d’occupation et le premier numéro du « Génie du Lieu » (5), journal de lutte de quartier a été publié cet été Début octobre, la fête de la friche a réuni plus de 400 personnes autour de concerts, chasse au trésor, ateliers, visites, karaoké et pizzas. Pied de nez aux éco-bétonneurs, les festivités se clôturaient par une tombola où le gros lot à gagner n’était rien de moins qu’une « parcelle de potager sur le quartier des Lentillères à défricher soi-même ! ».

Géo Cédille et Mickaël Correia

 

1. Le Journal du Palais, septembre 2011.
2. http://lentilleres.potager.org
3. Sociologue et géographe auteur entre autre de La Production de l’espace (1974)
4. http://jardindesmaraichers.potager.org
5. À lire sur : www.brassicanigra.org/contributions/le-genie-du-lieu-no1