9 juin – Portes ouvertes à la ferme “Le Jardin des Maraîchers”

L'affiche des portes ouvertes placardée dans la ville

 

9 juin 2012 – PORTES OUVERTES À LA FERME “LE JARDIN DES MARAÎCHERS”

Le 26 mai dernier, nous étions 200 personnes à déambuler dans les rues de Dijon pour  fêter l’ouverture officielle de la ferme « Le Jardin des Maraîchers ». Cette ferme collective est installée depuis un mois dans la cité, sur les terres de la friche maraîchères  menacées par le projet de quartier “L’écocité du Jardin des Maraîchers”, dans le quartier des Lentillères.

Le « jardin des maraîchers », c’est qui, c’est quoi ?

Nous sommes quelques paysans sans terres soutenus par des maraîchers, associations et ami-e-s. Depuis quelques semaines nous avons ouvert une ferme maraîchère dans le quartier des Lentillères afin de produire, à terme, sur 1 Ha pour des projets associatifs, pour des collectivités et pour les habitant-e-s du quartier. Nous voulons faire des légumes sans agro-chimie et accessible à toutes et tous.
Pour mener à bien notre projet, nous avons rebouché les trous – que la mairie avait commandité pour empêcher toute nouvelle occupation potagère – et préparé le sol. Plusieurs centaines de plants de légumes – blettes, tomates, concombres, poivrons, aubergines… – ont d’ores-et-déjà été mis en place. D’autres cultures maraîchères seront implantés dans les prochains temps.

Cultiver en ville ?

Parce que les villes auxquelles nous aspirons ont besoin de logements accessibles,
mais aussi de cultures pour les nombreux urbains qui veulent se réapproprier leur nourriture et disposer d’espaces d’apprentissage. En témoignent les centaines de personnes inscrites à Dijon sur les listes d’attente des AMAP et des jardins familiaux. Comme de nombreux paysans sans-terres nous sommes pour notre part confrontés au difficultés d’accès au foncier, au bétonnage et à l’impérialisme de l’agro-industrie. Les rares espaces préservés aux périphéries des villes nous semblent des lieux privilégiés pour tisser des liens et partager notre vision d’une agriculture en lutte. En théorie la Mairie s’y accorde puisque son Plan Local d’Urbanisme préconisait de « développer l’agriculture péri-urbaine vivrière et maraîchère » sur le site et de « valoriser la valeur agronomiques des sols », ou encore la « vente directe et les AMAP »… En réalité elle voudrait ne garder des « maraîchers » que le nom.

Une ferme ouverte sur le quartier et la ville

Si nous menons activement ce projet, c’est d’une part pour accéder à la terre et bien
sûr pour défendre ces terres maraîchères de qualité contre le bétonnage. Notre projet est différent du Potager Collectif des Lentillères – installé depuis 2 ans sur cette même friche – mais ces deux initiatives sont complémentaires et s’inscrivent dans la même dynamique de lutte.
Nous souhaitons que cette ferme soit un espace d’échanges conviviaux ouvert sur le quartier, propice à la rencontre et à la réflexion. D’ici quelques semaines, de nombreux légumes seront disponibles et il sera possible de passer régulièrement à la ferme. En attendant, nous invitons à un après midi portes ouvertes le 9 juin à partir de 16h, pour permettre aux habitantes et habitants du quartier et de la ville de découvrir ce nouvel espace, avec au programme, présentation du projet, visite de la ferme, échange de semences et de plants.

Communiqué : Dijon — La police déjoue un complot anarchiste !

Ce samedi 2 juin 2012 à 18h, une demi-douzaine de fourgons de gardes-mobiles et autres équipes des “brigades anticriminalité” sont venus se positionner devant l’Espace autogéré des Tanneries, afin de s’assurer que n’aurait pas lieu un… jeu de piste à vélo (dénommé « Alleycat » voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Alleycat ). Quelques personnes motivées, après une première réussie il y a quelques mois à Dijon, nous avaient en effet sollicité·e·s pour que l’alleycat ait cette fois-ci pour point de départ les Tanneries. Pas de soucis de notre côté : nous apprécions ces “courses d’orientation ludiques et décalées”. Mais pas de chance avec les autorités, puisque le Directeur Départemental de la sécurité publique (DDSP), s’est déplacé en personne, avec toute son escorte, pour nous annoncer qu’un arrêté préfectoral interdisait fermement la tenue de l’« alleycat » !

Renseignement pris, le cyclo-jeu de piste avait été qualifié de « manifestation anarcho-libertaire ». De quoi faire frémir dans les chaumières ! Ce serait le Préfet de “zone de défense” de Metz, en lien avec le Ministère de l’Intérieur et en concertation avec la Préfecture de Bourgogne, qui aurait pris un arrêté d’interdiction dans le cadre du plan national de sécurité, en appelant une compagnie de gendarmes mobiles de Bordeaux à la rescousse. Rien que ça ! Les autorités semblent avoir fantasmé une horde de cyclopathes déchaînée tout droit sortie de “Mad Max”, s’apprêtant à mettre la ville à feu et à sang… Et face aux pressions, les organisatrices, désemparées, nous ont informé·e·s qu’elles préféraient annuler la course…

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Mais quelle mouche a piqué ces Messieurs haut placés ? Serait-ce la chaleur ? Les nouveaux venus au pouvoir ont-ils décidé de montrer les muscles et de prouver qu’ils pouvaient eux aussi « rétablir l’ordre », en commençant par interdire… les chasses au trésor et les rébus ? La chasse aux dits « anarcho-autonomes » a-t-elle repris en mode grand guignol, malgré le départ de Squarcini, ex-chef de la DCRI ? En tout cas, il n’y a pas à dire, le “changement” se fait sentir !

Perplexes, nous avons cherché à comprendre le phénomène ubuesque. Il était certes annoncé une “Alleycat des bandits”, “course d’orientation clandestine en vélos de tous genres (tandem, cargobike, BMX, pignon fixe, rétropédalage, course, vélo couché, etc.) à travers la ville. Top départ aux Tanneries, checkpoints mystères, puis… Grand bal des gangsters à la salle polyvalente Jacques Mesrine (rue Philippe Guignard) – bal dansant typé boum énervée, jusqu’à l’aube !”. Se peut-il qu’un haut gradé paranoïaque, qui n’aurait pas eu la chance d’aller en colo dans sa jeunesse, n’ait pas compris le concept de jeu de rôle ou de bal costumé ? Le spectre du “grand Jacques”, serait-il encore assez terrifiant, 23 ans après sa mort, pour qu’à sa seule évocation la police dégaine ? Au rang des raisons invoquées cet après-midi par le DDSP pour aider à justifier leur coup de sang : une fête de rue survenue il y a quinze jours rue Berbisey, et le festival de trois jours organisé la semaine passée aux Tanneries (voir programme d’activités de mai, sur http://tanneries.squat.net/ ) .

Pour mémoire, la fête de rue en question a consisté en l’occupation d’une rue populaire du centre-ville par quelques centaines de personnes durant plusieurs heures, autour d’une fanfare, de projections de films en plein air, de jeux et de danses. Nous ne saurions dire exactement si la fête a laissé plus de canettes sur la chaussée que l’une des rares victoires du DFCO ou autre “concert de rentrée” organisé par le cabinet du maire, mais selon les témoignages les plus variés, il semblerait que l’on s’y soit bien amusé. Si nous sommes touché·e·s de l’attention des autorités, il nous serait cependant difficile d’en dire plus à ce sujet : si certain·e·s acteurs et actrices des Tanneries ont sans doute pu être aperçu·e·s en train de danser dans la rue, nous n’avons pas pour autant organisé cette soirée. Sans nous désolidariser d’une initiative fort sympathique, nous ne voudrions pas tirer la couverture à nous : certain-e-s dijonnais·e·s ne nous attendent heureusement pas pour mettre un peu de joie et d’intensité inattendues dans la ville.

En ce qui concerne le festival qui a accueilli plus d’un millier de personnes pendant 3 jours, il nous serait reproché d’avoir bloqué une partie du boulevard de Chicago en y jouant au ping pong et au baby-foot un matin de Pentecôte, et d’avoir provoqué quelques protestations de voisin·e·s pour du bruit excessif, en l’occurrence un peu de mauvaise disco. A cet égard, inutile de nier ou de tenter de décharger nos crimes sur quiconque, car les faits qui nous sont imputés peuvent sans doute nous être attribués. À notre décharge, nous répliquerons que ce n’est pas la mort du petit bonhomme, et qu’en bientôt quinze ans d’évènements publics hebdomadaires, nous nous sommes toujours attaché·e·s à entretenir de bonnes relations avec le voisinage et à ce que nos soirées se passent bien, sans vigiles ni policiers. Et nous entendons bien que cela puisse continuer ainsi.

Ce samedi 2 juin au soir, pendant que les renforts stagnaient au commissariat ou au centre-ville, des fourgons bleutés se sont déplacés aux deux extrémités de la rue Phillipe Guignard — où se situent divers potagers collectifs et familiaux sur des terres menacées — pour y établir des « checkpoints ». Leur mission : interdire l’entrée à la “boum” annoncée près d’une ferme maraîchère occupée pour clore l’« alleycat ». En effet, un arrêté — municipal cette fois — prohibant toute festivité dans la “salle polyvalente Jacques Mesrine” avait été placardé pour l’occasion !

Au-delà de la farce que constitue cette mobilisation policière extraordinaire, cette situation témoigne de manière beaucoup plus préoccupante d’une volonté — affirmée cet après-midi même par le DDSP — de répression de tout évènement dans l’espace public, dès lors qu’il ne rentre pas docilement dans les cadres institutionnels lisses, les demandes d’autorisation préalables, les embrouilles administratives, les normes de sécurité agréées et tout ce qui s’ensuit. Cela fait pourtant longtemps, à Dijon comme ailleurs, que quantité de manifestations — qu’elles soient ludiques, sportives, culturelles ou politiques — sont organisées hors de ces carcans. De notre point de vue comme de celui de quantité d’individu·e·s et d’associations que nous côtoyons, il s’agit là d’une liberté précieuse, qu’il importe de conserver face au rouleau compresseur normalisateur. C’est notamment ce qui permet de vivre gaiement, même quand on a ni le pouvoir ni l’argent, et d’avoir la marge de s’opposer au monde dominant.

Sans présumer de la suite, et puisque le ridicule ne tue pas, espérons au moins que l’insolation retombe, et qu’ils en restent là !

Mais rien n’est moins sûr : la semaine prochaine les Tanneries accueillent cette fois une « cartonnade » ( http://cartonnades.canalblog.com/ ) ! Attention, car il s’agira là de personnes lourdement « armées »… Peut-être faudra-t-il doubler les effectifs !?

2 juin 2012, Espace autogéré des Tanneries